Compte rendu de la commission parlementaire GROSPERRIN
Commission Parlementaire GROSPERRIN sur la formation initiale et les modalités du recrutement des enseignants.
Palais Bourbon Commission des affaires culturelles et de l’éducation - 126 rue de L’université 75 007 Paris - Jeudi 26 mai 2011 - 9H15/10H15
Présents :
Jacques GROSPERRIN, président rapporteur de la mission
Cedric GABRIEL, administrateur
Bureau National SNIA-PR : Laurence COUSIN PICHEAU
Secrétaire Général SIEN -: Patrick OUMAGNAC
Secrétaire général FSU : Michel GONNET
Conseiller du recteur de l’académie de Versailles FSU : Evelyne COLLIN
Le SNIA-IPR rappelle la représentativité au sein du corps des IA-IPR avec plus de 700 adhérents sur 1200 inspecteurs en postes et 3 sièges sur 5 en CAPN, son affiliation officielle en date du 26 mai 2011 à l’UNSA, dans l’esprit de la loi de 2008 sur les nouvelles règles de la représentativité syndicale.
Le mode de fonctionnement du SNIA-IPR est rappelé : il se caractérise par l’instauration d’un débat participatif au sein des délégations académiques et par la mutualisation de constats de terrain notamment sur la mise en place de la mastérisation et la formation des professeurs stagiaires en académie.
Le SIEN-UNSA évoque le questionnaire transmis par la commission Grosperrin qui offrait un cadre indicatif à l’audition et décrit la situation de la formation des professeurs masterisant essentiellement dans le premier degré où la légitimité de la certification master pour enseigner en sections maternelles et en école primaire suscite une opposition, l’allongement de la durée des études pouvant dissuader une partie du vivier potentiel de recrutement de professeur des écoles.
La FSU souligne le caractère élitiste du niveau de certification Master pour les professeurs des écoles et la reproduction des inégalités sociales dans le corps des professeurs des écoles, les catégories sociales les plus aisées étant davantage représentées du fait de l’allongement des études.
Le SNIA-IPR, Le SIEN-UNSA et la FSU s’accordent à dire que la situation est un peu différente dans le second degré. De nombreuses disciplines possèdent un vivier potentiel de professeurs prêts à se présenter au concours et titulaire d’un master.
Le SNIA-IPR précise que la situation peut être différente pour le vivier potentiel de professeurs de lycée professionnel où pour certaines spécialités, le master ne correspond pas à un niveau de certification détenu dans le domaine professionnel de référence.
Le SNIA-IPR note également que pour des professeurs stagiaires qui peuvent être majoritaires dans le recrutement de certaines disciplines, le professorat correspond à une seconde carrière professionnelle derrière une première expérience professionnelle plus ou moins longue en organisations privées. Ce phénomène doit être pris en compte dans la formation initiale et continue des professeurs à leur entrée dans le système.
La FSU insiste sur la nécessité d’un positionnement dans la formation des professeurs et d’une adaptation individuelle de leur plan de formation.
Le SIEN-UNSA, la FSU et le SNIA-IPR s’accordent sur la nécessité d’articuler davantage la formation pédagogique dans la classe et la formation à l’université. Plusieurs pistes sont proposées à la commission parlementaire telle qu’une formation de formateurs et conseillers pédagogiques assurée à l’université pouvant prendre la forme d’un échange de pratiques avec des apports méthodologiques et didactiques.
Le SIEN-UNSA et le SNIA-IPR mentionne la lourdeur de l’accompagnement administratif des professeurs stagiaires par le corps d’inspection en charge de trouver les établissements d’accueil et les tuteurs chargés de l’accompagnement des professeurs stagiaires. Le choix des supports peut s’avérer particulièrement problématique pour les disciplines à faible effectif comme la musique, les langues rares ou bien les arts plastiques.
Le refus de certains professeurs expérimentés d’accepter la charge de tutorat ou bien même de la reconduire sur l’année suivante est signalé ; L’alourdissement de la charge d’accompagnement administratif mais également pédagogique avec la charge d’inspection des professeurs stagiaires par les corps d’inspection limite le nombre de journées consacrées à la formation de formateurs qu’ils assuraient auparavant.
Le SNIA-PR dénonce la pénibilité d’entrée dans le métier des professeurs stagiaires qui doivent se former et forger leur identité professionnelle avec une charge d’enseignement importante et des réponses académiques différentes sur l’aménagement des services des enseignants.
Ainsi, dans l’académie de Versailles les professeurs ont bénéficié d’une décharge de 2 heures pour les certifiés et les agrégés stagiaires alors que l’académie de Nantes n’en a pas accordé.
Le SIEN-UNSA et le SNIA-IPR évoquent également les difficultés de remplacement en établissement pour que les professeurs stagiaires puissent accéder aux stages de formation notamment lorsqu’ils sont regroupés sur 15 jours.
La FSU déclare que la situation des remplacements est moins tendue dans le premier degré mais que les problèmes s’accentuent ces deux dernières années.
Une piste de réflexion est proposée par le SNIA-IPR pour les professeurs du second degré :
Un service de deux tiers pour l’année de titularisation des professeurs stagiaires soit 12 heures pour un certifié et 10 heures pour un professeur agrégé de manière à favoriser les regroupements et la formation et à favoriser une construction progressive des gestes et de l’identité professionnelle.
Jacques GROPERRIN indique que les stages réalisés préalablement dans le cadre du Master 1 ainsi que l’année de Master 2 doivent également être pris en compte dans la construction de la professionnalité.
La FSU précise que l’autonomie et la charge de travail d’un professeur qui a la responsabilité d’une classe à l’année est très différente de celle d’un étudiant stagiaire qui intervient ponctuellement dans la classe d’un professeur confirmé.
Le SNIA-IPR précise que la question du remplacement des professeurs en stage renvoie également à la question des professeurs titulaires remplaçants en voie d’extinction dans certaines disciplines et au recrutement massif de professeurs contractuels constituant un nombre de jours de plus en plus significatif dans l’organisation de travail des inspecteurs. La convocation de l’ensemble des IA-IPR DE Paris à Pôle Emploi en ce 26 mai de 9h à 17h afin de mener des entretiens de recrutement de professeur en dit long sur le déficit de compétences enseignantes actuellement dans les établissements ; il faut noter que pour certaines disciplines dont l’économie et la gestion, cette fragilisation de la compétence enseignante par le recrutement de contractuels non formés concerne particulièrement les élèves préparant le baccalauréat.
Le SIEN-UNSA, la FSU et le SNIA-IPR témoignent d’une baisse de l’attractivité des concours de recrutement des professeurs. La préprofessionnalisation en Master 1 et 2 peut permettre d’orienter en meilleure connaissance de cause vers le métier d’enseignant ce qui constituerait une cause émergente plutôt positive de la baisse du nombre de candidats, mieux informés. Néanmoins, la baisse du nombre de candidats au concours constitue un vrai signal de désaffectation dont il serait souhaitable de tirer les leçons.
Laurence COUSIN PICHEAU
Pour le SNIA-IPR
Mis en ligne le : 14-06-2011
L’UNSA Éducation, la fédération des métiers de l’&ea
Vous trouverez en rubrique "divers" un document de présentation de l'UNSA Education qui vous permettra de découvrir les instances dans lesquelles le SNIA-IPR pourra intervenir.
Mis en ligne le : 12-06-2011
postes vacants au 10/06/2011
Vouis trouverez en rubrique "divers" la liste des postes susceptibles d'être vacants pour l'affectation des détachés dans le corps des IA-IPR, également disponible sur le site du Minsitère.
Mis en ligne le : 10-06-2011